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18/05/2026

L'adresse de la nodalité au temps présent

L’adresse de la nodalité au temps présent

La modernité a déconstruit la peinture.

Dans une histoire livrée aux combinaisons éclectiques indéfiniment répétées, la question reste ouverte :

Qu’est-ce qui fait tenir un champ plastique lorsque toute garantie d’unité est dissoute.

L’art dit contemporain y a répondu par déplacement :

Soit vers le discours (héritage de Marcel Duchamp), soit vers l’effet spectaculaire, soit vers la citation.                                   

Dans ces régimes,  la consistance de l’œuvre est externe. Elle dépend de l’institution, du texte, du contexte ou de la circulation médiatique. La nodalité refuse cette délégation. Elle soutient que la surface doit produire sa propre nécessité. Elle ne propose ni retour à la composition, ni restauration d’une harmonie perdue.  Elle part de l’instabilité comme condition première.  

La surface est envisagée comme champs de forces hétérogènes à partir de la rencontre de l’énergie du geste et de l’inertie du support.          

Le retour à Worringer

Dans l’expérience de griffonnage de Worringer*, le point de bifurcation dans l’inscription de la ligne marque l’instant de la synergie entre, d’une part la dynamique de l’intensif, en l’appui sur le support  qui dans l’outre-passement de la limite de l’ouvert  fait émerger l’auto-enveloppement de l’infini actuel, d’autre part la vitesse  de la trajectoire du tracer.

La combinaison de ces deux mouvements est le principe d’une torsion qui détache du plan du support le trait faisant corde en un espace de compromis entre le continu de l’intensif et le discontinu de l’extensif.

L’équivalent de la torsade qu’est le trait-corde se répète dans le croisement du dessus-dessous de deux traits-cordes, dont le coincement intensif réactive l’invagination que la pulsion scopique apporte au chiasme phénoménologique du tact                      

Et, engendre, en la répétition de l’acte d’inscription, la surface d’un tricot qui en chacun de ses points, connecté à la rencontre initiale,  se retourne sur lui-même, en un retournement comme tel intrinsèque.

 L’affinement de l’épaisseur du trait-corde conditionne la symétrie d’échelle dans la relation scalaire de ses mailles en une conversion du nodal au fractal. 

La consistance d’une telle surface est un champ de tensions.

* Worringer W., Form problem der Gotik, 1927, traduction Decourdemanche, L’art gothique, 1941, 1967, Paris, Gallimard, pp. 66-69.

 

 

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